Le collectif Monnaie Libre Occitanie a organisé le 1er jeu Ğéconomicus  à Lodève en partenariat avec le tout nouveau collectif BEL (Bon d’Échange Lodévois) qui souhaite créer une MLC adossée sur la Ğ1.


Nous avons été accueillis par la compagnie des jeux qui sont d’ailleurs intéressés pour ajouter le Ğéconomicus à leur large panel de jeux 🙂
Pour cette 1ère partie nous étions 12 (3 animateurs et 9 joueurs), ce qui est déjà bien compte tenu du faible nombre d’habitants et de la saison (s’enfermer dans une salle toute la journée par un beau dimanche ensoleillé avec la montagne et la rivière a coté…il faut être motivé). Cette partie faisait suite à une conférence sur la monnaie libre que j’ai présenté 4 jours avant. Six des joueurs avaient assister a la conférence.

Les joueurs ont expérimenter deux systèmes monétaires différents : la monnaie-dette le matin et la monnaie-libre l’après-midi.
En monnaie-dette, les joueurs devait emprunter de la monnaie auprès de la banque pour en obtenir, alors qu’en monnaie libre l’après midi ils ont co-créer cette monnaie par dividende universel.
Pour en savoir plus, reportez vous aux règles officielles du jeu Ğéconomicus.

L’un des participants (Olivier) était un animateur de la compagnie des jeux, un fin stratège passionné par les jeux et qui s’est donc donné a fond, à tel point qu’il à créé plus de valeurs que la banque sur la partie monnaie -dette. Voici donc les résultats de la partie monnaie-dette (avec la banque) :
Que s’est t’il passé ?
Olivier à déclencher une révolution technologique au dernier tour, hors la banque possédais a ce moment là plus de 80 cartes valeur basse en actifs…
Nous avons jouer la règle stricte, selon laquelle les valeurs basses deviennent obsolètes et valent zéro. La banque et les autres joueurs ont donc perdu énormément de valeurs, et non pas eu le temps de se refaire puisqu’il s’agissait du dernier tour. D’autant plus que 5 des 9 joueurs ne jouait plus lors du dernier tour; 3 d’entre eux se disaient trop dégoûtés des règles de la monnaie-dette, trop injuste selon eux, une joueuse a même demandée a se suicider (dans le jeu), mais ce n’étais pas sont tour de mourir; les deux autres se sont retrouver en prison car ils avaient voler des billets a la banque (heureusement la police veillait). Les 4 joueurs qui jouaient encore, en voulaient eux aussi a la banque, et avaient décider de coopérer volontairement avec Olivier dans l’espoir qu’il batte la banque, ce qui a fonctionner.

Toujours est-il que cette situation à créer des inégalités extrêmes, avec un écart-type de 200% !! On constate que malgré sa perte colossale, la banque reste bien lotie (deux fois plus riche que la moyenne).
Tout les autres joueurs sont très pauvre, seule Diane sort un peu du lot car elle à jouer toute la partie sans jamais emprunter, elle n’a donc eu aucune dette a rembourser a la fin du jeu.

Le même graphique sans la banque :
On constate que sans la banque, l’écart-type est encore plus élevé (230% au lieu de 200%) et la moyenne plus basse (95 au lieu de 105). Tout les joueurs restent bien en dessous de la moyenne même sans tenir compte des gains de la banque, et les inégalités sont tout aussi extrêmes. On voit donc que le problème ne réside pas dans les gains de la banque (qui sont uniquement le fruit des intérêts), mais dans le code de création de la monnaie.

Après une pause midi bien méritée, lors de laquelle plusieurs joueurs ont reconnu que la réalité quand a notre système monétaire actuelle est bien pire que ce qu’ils pensaient, nous somme passés à la monnaie-libre. Cette fois-ci plus de banque, chaque joueur co-créer sont dividende universel (DU), et l’ex-banquier s’est transformé en distributeur de DU (rôle assuré par un réseau de nœuds Duniter dans une vraie monnaie libre).
Les joueurs se sont comportés de façon tout aussi speed de frénétique les premiers tours, mais au bout de quelques tours, plusieurs d’entre eux ont ralenti le rythme, certains sont même rester assis attendant que les affaires viennent à eux ! Et malgré cet apparent ralentissement dans les comportements des joueurs, ils ont provoquer 2 innovations technologiques et ont produits plus de valeurs qu’en monnaie-dette (1477 contre 865). Et même en comptant les gains de la banque comme des valeurs produites par les joueurs, le total en monnaie-dette monte à seulement 1088, ce qui reste bien en dessous des 1477 produits en monnaie-libre ! Voici donc le graphique des résultats en monnaie libre :

Ce qui saute aux yeux c’est la répartition beaucoup moins extrême, avec un écart-type de seulement 40% (contre 200% en monnaie-dette), il n’y a pas de très riche ni de très pauvre. D’ailleurs y a t’il vraiment des pauvres ? Ici le joueur médian (le 5ème sur 9) c’est Frédérique, et elle à produit 151 unités de valeur, donc si l’on applique la définition usuelle du seuil de pauvreté comme étant 60% du revenu médian, nous avons un seuil de pauvreté à 90.6, donc seulement 2 joueurs « pauvres », mais ils sont très proche du seuil (respectivement à 59% et 57% du joueur médian).

De plus, le joueur le plus riche n’est que 3.5 fois plus riche que le joueur le plus pauvre (contre 700 fois plus riche pour la monnaie-dette !). On constate donc que même en considérant le patrimoine non-monétaire (cartes valeurs), les inégalités crées sur 80 ans restes très faibles. Même les mouvements les plus a gauche proposent un ratio maximal d’inégalité plus élevée (de 1 à 4 pour les friotistes par exemple).

En conclusion, sur cette partie là en tout cas, la monnaie-libre est plus efficace et produit moins d’inégalités ! Une seule partie n’étant pas suffisante pour généraliser, je vous invite a rechercher sur internet les compte-rendu des autres parties de Ğéconomicus, il en a déjà été publier plus d’une trentaine depuis que le Ğéconomicus existe, ce qui commence à faire un échantillon de donnés important pour voir si certains phénomènes sont systématiques ou pas.

Bonne recherche 🙂

Éloïs, référent Hérault pour le collectif Monnaie Libre Occitanie.